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Qu'on m'aime quand même

Recueil de nouvelles de Frédérique Viole.
Nouméa, Casablanca, Beyrouth...
Des destins se croisent et se bousculent sans qu’on puisse décider s’ils échouent ou s’accomplissent.
Mais peut-être n’est-ce pas ce qui importe. Les cœurs battent, après tout.

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Fiche détaillée

Nouméa, les années incertaines
La nuit… Pourquoi est-ce toujours de la nuit dont je me souviens ? N’y a-t-il jamais eu de matins dans cet hôpital ?
La nuit, je filais par des couloirs déserts sur des sols marshmallow qui étouffaient le bruit des pas. Des couloirs, des ascenseurs, des passerelles, des parkings jusqu’à une vague butte qui dominait la mangrove et la baie de Koutio. Je retrouvais mes copains fumeurs exilés. Toujours les mêmes sous le même arbre. Ça va, oui, non, fait chaud, fait froid, t’en veux une, t’as du feu, l’est pas là Reine-Marie, Justin est sorti, damé d’crabes les palétuviers-là. C’étaient pas des bavards, mes co-fumeurs de la nuit. Et ça m’allait bien comme ça. Parfois y en avait un qui pleurait. Alors on le prenait par les épaules, on lui frottait le dos, ça va aller, ça va aller. On avalait nos doutes. On aspirait le velours flou de la nuit. On regardait l’éclat froid de la lune sur la baie. Les lumières de Ducos qui clignotaient. Le blanc des yeux, le bout rouge des clopes. Allez, tata, à demain… Peut-être. Le chemin de terre, les parkings, les escaliers, les ascenseurs, les couloirs marshmallow et un homme qui geignait, râlait, s’énervait puis hurlait. On comprend rien, on comprend rien de c’qui dit, c’est toutes les nuits pareil, il a mal, mais où, monsieur, monsieur calmez-vous, il est où l’interne, il a déjà eu la dose maxi, monsieur, écoutez-moi, monsieur ! J’apercevais par la porte laissée entrouverte ses jambes poilues arcboutées sur les draps tirebouchonnés, l’infirmière couchée en travers de sa poitrine pour le contenir, éviter que les soubresauts n’arrachent sa perf, et les brancardiers appelés à la rescousse qui tentaient de le sangler à son lit. Les cris montaient. Sur le tableau de la salle de garde, toutes les lumières des alarmes tremblotaient. Toutes, sauf la tienne. Et dans ta chambre noire, tes yeux ouverts.
— Maman… ?
— C’est un messager.
— Qui ça ?
— Celui qu’on ne comprend pas. Un messager qui hurle un message inintelligible. Ça ressemble bien à la vie, ça… un message inintelligible…
— Mais qu’est-ce que tu racontes ? Tu s’rais pas en train de déménager ?

La nuit suivante — encore la nuit — la porte s’ouvrait en grand sur une chambre vide, un lit refait au carré et le silence. Toi, Maman, tu dormais. Poum tan, poum tan…

Auteur(s) : Frédérique Viole,

Genre : Nouvelles,

Editeur : Éditions Humanis,

Collection : Émergence,

Caractéristiques : Format 13 x 20 cm, broché, 100 pages,

Date de parution : 2018,

EAN : 9791021903371

Auteur(e)

Frédérique Viole est née au Maroc. Son enfance se déroule à l’île de La Réunion. Adolescente, elle arrive en Nouvelle-Calédonie où elle vit à présent. Ces lieux ainsi que les brouillards de l’Est, l’aveuglante blancheur des calanques où elle fut étudiante, le Vanuatu où elle a des attaches familiales, sont les « ailleurs » qui nervurent son recueil de nouvelles Narafala.
Elle est également l’auteure d’un tout petit livre pour les tout-petits : Dors, petit Sam, illustré par Mélissa Bazire publié aux éditions Écrire en Océanie.

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Recueil de nouvelles de Frédérique Viole.
Nouméa, Casablanca, Beyrouth...
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Mais peut-être n’est-ce pas ce qui importe. Les cœurs battent, après tout.

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